Les amateurs de 300 seront comblés avec "Immortals", une nouvelle superproduction aussi spectaculaire que vide où l'action prend le dessus sur les situations et les personnages.
Est-ce qu'il y a un méchant plus diabolique que le roi Hypérion (Mickey Rourke)? Cet esprit maléfique égorge tout ce qui se trouve sur son passage dans le but de mettre la main sur le légendaire arc d'Épire. Une seule personne peut l'arrêter: Thésée (Henry Cavill) qui est encore éprouvé par la mort brutale de sa mère. Avec l'aide des dieux et d'un oracle (Freida Pinto), il a un mince espoir de rétablir un peu de paix et de quiétude en ce bas monde.
L'univers graphique de Tarsem Singh est tout à fait singulier et personnel. Ses films ressemblent à des toiles, à des peintures vivantes aux milliers de détails. Dès The Cell qui l'a révélé au grand jour, il offre toujours des longs-métrages magnifiques à regarder, à se perdre, béat, de tout ce qui se passe sous les yeux. Cela n'empêche pas que les scénarios de ses projets soient toujours minces, pour ne pas dire inexistants. C'est encore une fois le cas de cette trame narrative qui n'est qu'un prétexte à des combats spectaculaires et à des affrontements particulièrement barbares. Oui, il n'y a rien à prendre au sérieux, l'interprétation d'ensemble est respectable et la mise en scène offre des angles originaux. Sauf que dans l'ensemble, il est si aisé d'être lassé au bout d'une demi-heure, à ne plus apprécier ce délire visuel qui ne comporte, au final, pratiquement pas de souffle épique.
Le soin technique renforce cette idée que le contenant est plus important que le contenu. Les images sont magnifiques, stylisées et extrêmement colorées. Les teintes sont détaillées et la justesse des contrastes ne fait qu'une bouchée de ce léger blocage qui peut apparaître dans de rares occasions. Les pistes sonores anglophones et francophones en Dolby Digital 5.1 ne manquent pas de puissance, faisant rugir les enceintes de bruit de foule, de feu, de chevaux, d'eau et de trompettes. La musique omniprésente a souvent une fonction évocatrice, les voix s'entendent aisément, le doublage dans la langue de Molière est tout à fait approprié et il est possible de recourir à de visibles sous-titres blancs en cas de nécessité.
La pochette n'est pas particulièrement transcendante, reprenant cette formule éprouvée du héros qui marche devant son armée. Le menu principal du DVD opte plutôt pour un efficace montage de scènes qui est accompagné d'une mélodie particulièrement dramatique. Les suppléments oubliables comprennent une bande-annonce, près de huit minutes se séquences retranchées encore plus violentes et un court documentaire de six minutes sur quelques mythes grecs.
Beaucoup plus agréable à regarder qu'à écouter tant les dialogues ne font pas vraiment de sens, "Immortals" est un gros jouet bien huilé qui peine cependant à divertir correctement. Telle une montagne russe, on y prend plaisir au début... avant d'atteindre le point de saturation très rapidement.
| Film | 5 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 3 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |